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Note de présentation
1. Contexte du projet
L’Université Mohammed V-Agdal a créé
des structures de valorisation de la recherche depuis
la promulgation de la loi 01-00 portant organisation
de l’enseignement supérieur. C’est
ainsi qu’elle a créé le Centre d’Innovation
Technologique (CIT) à l’Ecole Mohammedia
d’Ingénieurs en 2000. Ce centre a permis
de développer des mécanismes de valorisation
de la recherche tels que l’incubation d’entreprises
innovantes et le transfert de technologies des structures
de recherche universitaires vers le monde socioéconomique,
comme il a œuvré à la sensibilisation
et à la formation à l’esprit entrepreneurial
et à la culture de la propriété
intellectuelle du monde académique et d’autres
porteurs potentiels de projets innovants. L’expérience
du CIT a été ensuite extrapolée
à l’échelle de toute l’Université
Mohammed V-Agdal, en créant une structure de
valorisation de l’Université (SVU) formée
d’une structure de valorisation au niveau de la
Présidence et d’une structure de valorisation
par établissement, le tout coordonné par
un comité de pilotage et supervisé par
un conseil d’orientation.
Malgré les résultats encourageants obtenus
par le CIT : examen de plus de 350 brevets d’invention,
accompagnement d’une soixantaine de projets en
pré-incubation et d’une vingtaine en incubation,
réalisation de plusieurs projets de transfert
de technologie au profit de PMI dont un a reçu
le prix de l’innovation pour l’année
2006 octroyé par le Réseau de Diffusion
Technologique (RDT), le volume d’activité
réalisé n’est pas à la hauteur
du potentiel de l’UM5A en matière d’expertise
et de recherche. En effet, la contribution de cette
université à la production scientifique
nationale est d’environ 25% et bon nombre de d’études
et d’expertises sont réalisées par
les enseignants-chercheurs de cette université
via des bureaux d’étude et des cabinets
de conseil à titre privé.
Les performances insuffisantes des structures de valorisation
actuelles de l’Université sont dues à
plusieurs facteurs dont les principaux sont les suivants
:
- Insuffisance de personnel spécialisé.
- Lourdeur administrative dans la gestion des projets.
- Insuffisance de professionnalisme dans la gestion
des projets.
- statut juridique actuel de la SVU non adéquat
aux activités commerciales.
- Gestion et contrôle financier très
contraignants ne permettant pas de crédibiliser
suffisamment la structure vis-à-vis de ses
partenaires.
- Difficulté de répondre au volume
de demande important émanant du monde socioéconomique.
Pour éliminer ces dysfonctionnements, il est
proposé de créer une structure de statut
juridique privé. La mission de cette structure
est la gestion des projets de valorisation de l’Université.
2. Méthodologie d’élaboration
du projet
Le présent projet a été élaboré
par la Présidence de l’Université
Mohammed V-Agdal en faisant contribuer le Cabinet «AISSE
» spécialisé dans l’audit
des entreprises et l’élaboration de plans
d’affaires de projets d’investissement.
L’élaboration du projet prend en compte
l’expérience de l’Université,
les bonnes pratiques à l’échelle
internationale en matière de valorisation de
la recherche ainsi que l’arsenal juridique national
y afférant.
Le projet préparé a été
examiné par la Commission de recherche et de
créations du Conseil de l’Université
qui le soumettra pour validation à ce dernier.
Une fois validé, il sera procédé
à la constitution des statuts de l’entité
privée en projet. Le projet incluant ces statuts
sera soumis aux autorités de tutelle pour accord,
comme stipulé par l’article 7 de la loi
01.00.
3. Choix du statut juridique de
l’entité privée
Une étude de benchmarking à l’échelle
internationale permet de constater que dans la plupart
des cas, et dans le but d’une gestion efficace
des activités de valorisation de la recherche,
les universités confient cette gestion à
des entités privées de type fondation,
société sans but lucratif, société
anonyme ou société à responsabilité
limitée.
L’association française des structures
de recherche contractuelle (ASRC) regroupe une trentaine
de structures dont les types sont répartis comme
suit : 28% de type association ; 67% de type société
anonyme et 5% de type SARL ou coopérative.
Vu la législation nationale, le statut juridique
type association ne peut pas être envisagé
par l’université. Le statut juridique type
GIP n’étant pas approprié pour les
activités de prestations et de recherche contractuelle,
le seul type d’entité privé plausible
est celui d’une société. Celui-ci
est d’ailleurs autorisé par l’article
7 de la loi 01-00.
Le présent projet propose la création
d’une société anonyme à directoire
et conseil de surveillance, filiale de l’Université
chargée de la gestion des projets de valorisation
de la recherche. Ce statut présente plusieurs
avantages sur celui d’une ASRL et il est plus
transparent que celui d’une SA à conseil
d’administration.
Il est suggéré à ce que le capital
de cette société soit partagé entre
l’Université, avec un apport de 90%, et
le personnel de l’Université, pour la partie
restante. L’apport de l’Université
sera réparti entre la Présidence (30%)
et les établissements (10% chacun). Conformément
à l’article 7 de la loi 01-00, l’apport
de l’Université sera prélevé
sur ses fonds propres.
4. Mission de la société
Dans une première phase de son développement
(les cinq premières années de son exercice),
la société aura pour mission principale
la gestion des projets de valorisation de l’Université
et la commercialisation de tous ses produits et services.
Après cette phase, la société pourrait
envisager de développer ses propres structures
de formation continue, de R&D et d’innovation
afin de contribuer au développement de l’infrastructure
nationale dans ces domaines. Le présent projet
concerne la première phase uniquement.
La gestion des activités de valorisation de la
recherche et de la commercialisation des produits et
services de l’Université seront réalisées
par la société en projet dans le cadre
d’une convention de partenariat avec l’Université.
La convention cadre comprend les principaux éléments
suivants:
- Le mode d’intervention de l’université
dans la réalisation des projets pour le compte
des tiers.
- Les modalités de rémunération
des services rendus par l’université
et sa répartition sur les différents
bénéficiaires (université, établissements,
structures de recherche, enseignants-chercheurs, autres
personnels, frais de réalisation des projets…).
- Les modalités de gestion des dépenses
liées aux projets : paiement par la société
des indemnités des enseignants chercheurs et
autres personnel ayant contribué à la
réalisation des projets, acquisition de matériels,
d’équipements et fongiques pour le compte
de l’université en relation avec les
projets, prise en charge des autres frais liés
aux projets (frais de déplacement, d’hébergement,
d’assurance…).
- Définition des responsabilités des
parties.
La société se chargera de la prospection,
du montage et du suivi de la réalisation des
projets, ainsi que de la contractualisation avec les
clients. L’Université met à la disposition
de la société pour la réalisation
des activités concernées par la convention
du partenariat précitée, ses ressources
humaines et matérielles moyennant rémunération
à hauteur de 90% des montants hors taxes des
contrats établis avec les clients. Dans le cadre
de cette gestion des projets, la société
se chargera de la gestion financière et des dépenses
occasionnées par les activités réalisées.
5. Faisabilité économique
du projet
Sur la base d’une hypothèse pessimiste
selon laquelle 20% des enseignants-chercheurs de l’Université
assurent, chacun, 5jours/an de formation continue, 10%
effectuent 10 jours/an de prestations de services et
de recherche contractuelle, et une incubation de 5 projets
de création d’entreprises innovantes, la
première année, le chiffre d’affaire
de la société sera supérieur à
16 millions de dirhams, contre 2,5 million réalisé
en moyenne annuellement entre 2003 et 2005. La progression
du volume d’activité d’année
en année laisse prévoir pour la 5ème
année de l’exercice, la participation de
40% des enseignants-chercheurs à la formation
continue à raison de 9 jours/an chacun, 20% contribuent
à la réalisation des activités
de prestation de services et de recherche contractuelle
à raison de 18,5 jours/an chacun, et 20 projets
de créations d’entreprises innovantes sont
incubés. Ceci correspond à un chiffre
d’affaires de plus de 71 millions de dirhams.
En termes de bénéfices, la société
réalisera sur les 10% prélevés
sur le montant hors taxe de chaque contrat un bénéfice
à partir du deuxième exercice. Ce bénéfice
sera de l’ordre de 330 milles dirhams, la 2ème
année, et de 2,8 millions de dirhams la 5ème
année.
Les financements nécessaires pour réaliser
les activités de la société sont
de l’ordre de 1,5 millions de dirhams. Ce montant
sera apporté en fonds propres par les actionnaires
sous forme de participations au capital de la société.
La rentabilité financière peut être
déterminée par rapport au capitaux investis,
et par rapport au niveau d’activité :
- La rentabilité financière exprimée
sur la base du TRI (taux de rentabilité interne)
est de 49%
- La valeur actuelle nette du projet est de 12 millions
de dirhams.
- L’indice de profitabilité est de 10
fois.
- Le retour sur investissement est assuré
à la 4ème année.
En plus de sa propre rentabilité, l’entreprise
permettra à l’Université :
- De multiplier par cinq environ son chiffre d’affaire
en matière de recettes propres dès son
premier exercice.
- De multiplier par plus de trente ce C.A après
cinq ans d’exercice.
Conclusion
En synthèse, la filialisation de l’activité
de valorisation de la recherche devrait permettre à
l’université d’atteindre plusieurs
objectifs simultanément:
- Réaliser les objectifs stratégiques
énoncés par la loi 01-00.
- Développer et valoriser la recherche scientifique
;
- Surmonter les obstacles liés au fonctionnement
de l’activité de valorisation.
- Assurer un développement important de l’activité.
- Impliquer et intéresser les enseignants
chercheurs dans cette activité.
- Faire du monde socioéconomique et culturel
un champs d’investigation et de formation par
apprentissage pour la communauté universitaire.
- Développer d’importantes ressources
propres pour les structures de l’universités.
- Soutenir la politique scientifique de l’université
par un emploi approprié des ressources propres
de l’université.
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