Volet académique et pédagogique
1) Les grandes lignes
La réforme qui réorganise notre
université est globale. Elle embrasse donc
les champs institutionnel, structurel et pédagogique.
Son apport majeur concerne cependant la pédagogie
puisqu’il touche ses principes, ses objectifs,
son système
d’application et le mode de contrôle
de l’étudiant.
Conjuguée à l’expérience
passée, une réflexion poussée
à l’échelle nationale ainsi
qu’une comparaison raisonnée avec les
systèmes en cours dans d’autres pays
ont permis d’élaborer des objectifs
ambitieux, mais clairs pour guider cette réforme.
L’étudiant au cœur de la réforme
de l’enseignement supérieur est désormais
le premier principe de l’université.
À partir de là, découle un
ensemble d’objectifs très précis
:
- Le renouvellement et la modernisation du système pédagogique.
- La mise en place d’un cursus de formation souple et performant, de caractère académique classique ou professionnalisant et offrant à tous ses niveaux la possibilité pour l’étudiant de s’intégrer au tissu socio-économique.
- Le renforcement des capacités méthodologiques, linguistiques et communicationnelles de l’étudiant.
- La capitalisation définitive des modules débouchant sur une évolution positive du cursus de l’étudiant et la possibilité de réorientation grâce à la mise en place de passerelles entre les différentes filières.
- La mise en place d’un système d’orientation progressive.
- L’instauration du système de contrôle continu des connaissances.
- La préparation à l’insertion dans le monde socio-économique.
- L’organisation de la formation continue.
- La transmission des valeurs culturelles fondamentales.
2) L’architecture pédagogique globale et les diplômes
La nouvelle unité périodique de
l’enseignement universitaire est le semestre.
Les diplômes nationaux délivrés
par les universités et prévus par
la réforme sont:
- le DEUG (Diplôme d’Etudes Universitaires Générales) ou le DEUP (Diplôme d’Etudes Universitaires Professionnelles) correspondant à 4 semestres d’études ;
- la licence, correspondant à 2 semestres d’études après le niveau DEUG ou DEUP;
- le master correspondant à 4 semestres d’études après le niveau licence ;
- le doctorat correspondant à 6 semestres
au moins de cours, de travaux de recherche et/ou
de laboratoire, de séminaires..... etc.
(Voir le diagramme de l’architecture pédagogique globale du baccalauréat au doctorat).
3) Les mots clés
La nouvelle approche pédagogiquede l’enseignement
universitaire est centrée sur l’apprenant,
l’enseignant occupera principalement un rôle
facilitateur.
De nouveaux mots clés apparaissent suite
à cette révolution de notre système
d’enseignement :
- Le semestre
Le semestre est la durée périodique des unités de formation. L’année compte deux semestres universitaires.
- Un semestre compte 16 semaines.
- Un semestre comporte 3 à 4 modules.
- Le volume semestriel total est de 360 heures minimum.
- Le DEUG et le DEUP sont organisés en 4 semestres et la licence en 6 semestres.
- Le module
- Le module est la nouvelle unité de base de l’enseignement universitaire.
- Le module peut être constitué de 1 à 4 éléments disciplinaires formant un ensemble cohérent, autonome et aisément contrôlable.
- Le volume horaire du module est de 75 heures minimum (ou de 20 à 25 jours pour les travaux de terrain). Les enseignements d’un module peuvent être dispensés sous forme de cours théoriques et/ou de travaux dirigés et/ou de travaux pratiques et/ou d’activités pratiques sur le terrain. La validation d’un module est définitive après le succès semestriel ou au rattrapage.
- la filière
Une filière est un cursus de formation. Son objectif est l’acquisition d’aptitudes et de compétences . Elle est structurée sous la forme d’un ensemble cohérent de modules pris dans un ou plusieurs champs disciplinaires.
- La filière de premier niveau est la licence. Elle correspond à 6 semestres : 1 semestre d’initiation, 2 semestres d’approfondissement, 1 semestre fondamental et 1 semestre de spécialisation.
- Les diplômes nationaux DEUG, DEUP, et licence permettent soit l’accès au cycle supérieur soit l’insertion dans une activité professionnelle.
- Une filière de premier niveau licence comporte 24 modules soit un total de 2160 heures d’enseignement.
- Une filière de type national prévoit dans son organisation trois blocs de modules:
- Le bloc des modules principaux, composé de modules majeurs reflétant le caractère disciplinaire de la filière, et de modules de support dits modules mineurs ou complémentaires,
- le bloc des modules optionnels, composé de modules de spécialisation ou de d’ouverture. Les modules de ce bloc sont laissés au choix des universités,
- Pour chaque filière, une liste de ces modules est donnée à titre indicatif .
- le bloc des modules transversaux, composé essentiellement de modules de langues, de communication et d’informatique. L’intitulé d’un module reflète le contenu des enseignements de ce module.
- Une filière est rattachée à un établissement universitaire et ses enseignements sont assurés dans un ou plusieurs départements de cet établissement ou dans d’autres établissements de l’université. Le système des modules au sein d’une filière facilite l’ouverture de passerelles inter-fitières permettant ainsi, à l’étudiant de revoir et d’optimiser à tous les niveaux le choix de son cursus selon ses capacités et ses aptitudes.
- L’accréditation
L’élaboration d’une filière
obéit dans la réforme pédagogique
à des règles académiques et
des impératifs d’insertion dans le
tissu économique. Un ensemble de modules
constituant une filière se doit d’être
structuré selon des objectifs précis
en matière de formation.
L’encadrement pédagogique et les moyens
logistiques mis en œuvre pour réaliser
une formation universitaire constituent le premier
critère d’accréditation d’une
filière.
Le processus d’accréditation de chaque
filière passe par les étapes suivantes
:
approbation du conseil de l’établissement
d’attache (faculté ou école),
approbation du conseil de l’université
puis accréditation par la Commission Nationale
de Coordination de l’Enseignement supérieur
(CNACES).
- La validation
L’évaluation des connaissances mais
aussi des aptitudes et des compétences constitue
la clef de voûte du nouveau système
pédagogique.
La gestion des acquisitions et des apprentissages
sera désormais soumise à des contrôles
de connaissances semestriels. Plus rationnel sur
le plan pédagogique, ce mode d’évaluation
privilégie plus la relation interactive lors
du cours que le simple exercice de la mémoire.
Il fait appel à plusieurs modalités
d’examen actives comme les tests, les exposés,
les rapports.... En outre, une épreuve de
rattrapage peut être organisée.
Pour progresser dans son cursus universitaire, un
étudiant doit valider des modules.
Un module est validé si sa note globale est
supérieure ou égale à 10 sur
20 et sans aucune note inférieure à
un seuil donné dans les éléments
qui le composent.
Une filière est validée si:
. tous ses modules sont validés,
. tous ses semestres sont validés.
Une filière validée donne alors droit
au diplôme correspondant.
- La capitalisation
La capitalisation est un principe pédagogique novateur qui consiste à reconnaître à vie à l’étudiant la possession d’un module qu’il a validé. Ce cumul à vie permet, d’un côté, une gestion plus rationnelle des étapes de la progression universitaire de l’étudiant et, d’un autre côté, l’établissement de liens fonctionnels entre l’université et la carrière professionnelle en ménageant sans cesse un cadre éventuel pour le retour à l’université.
4) Caractéristiques
des filières nationales types
Les filières nationales ainsi élaborées :
- couvrent toutes les disciplines actuellement dispensées dans les universités,
- répondent aux conditions requise d’un tronc commun minimum (70% ),
- sont composées de modules majeurs dont le cumul des volumes horaires et au moins égal à 50 % du volume horaire de la filière,
- respectent le volume horaire requis pour les langues et la communication au niveau des quatre premiers semestres de la licence,
- prévoient des modules optionnels laissés au choix des universités (spécificités régionales, compétences locales et moyens humains et matériels disponibles...)
- amènent progressivement les étudiants aux études des 5ème et 6ème semestres du cycle licence,
- évoluent progressivement de l’élémentaire
à l’approfondi.

Pour ittustrer la structure d’une filière jusqu’au niveau DEUG, la structure de la filière nationale des Sciences Mathématiques (SM) est donnée comme exemple à la figure ci-après.

L’étudiant dans la réforme
En plaçant l’étudiant au cœur
de ses priorités, la réforme de l’enseignement
supérieur lui reconnaît ainsi ses droits.
Citoyen à part entière, il est donc
appelé à participer désormais
de manière plus active à la vie universitaire.
Concernant les enseignements, les choix pédagogiques
modernes adoptés par la réforme invitent
l’étudiant à assurer une position
plus participative pendant les cours.
L’instauration d’un système interactif
facilite l’acquisition des connaissances tout
en développant l’esprit d’initiative
chez l’apprenant. Une telle démarche
favorise un contrôle des connaissances de
manière continue et évolutive, plus
rationnelle et nettement plus souple que le système
de l’examen final.
L’étudiant est par ailleurs plus interpellé
dans ce nouveau système pour choisir un enseignement
mieux adapté à son profil.
Cette nouvelle approche pédagogique à
donc le mérite de responsabiliser l’étudiant
et de développer son esprit d’initiative
et sa capacité de se projeter dans l’avenir
tout en le dotant des outils devenus indispensables
à sa future insertion professionnelle : maîtrise
des langues, communication NTIC.....
En outre, l’université dans l’esprit
de sa réforme accorde une importance capitale
à l’épanouissement de ses étudiants
et à leur implication dynamique dans l’animation
et l’amélioration de la qualité
de vie à l’intérieur du campus
: esprit d’équipe, citoyenneté,
engagement, dans les activités sociales,
culturelles et sportives sont effectivement à
la base d’une vie estudiantine riche dans
la vision de la réforme.
Enfin, dans la perspective d’améliorer
et de consolider le statut de l’étudiant,
la loi 01-00 régissant la réforme
de l’enseignement supérieur prévoit
:
- la représentation des étudiants au sein des instances universitaires,
- leur participation à la gestion des établissements d’accueil,
- leur participation aux activités culturelles,
- la constitution d’associations et d’organisations chargées de veiller aux intérêts des étudiant,
- la liberté d’information dans un cadre constructif,
- un système d’aide et de soutien à l’étudiant.S

