La Réforme Pédagogique en Quarante Questions

 

Question 1 : Pourquoi réforme-t-on l’Université ?

Réponse 1 :

La réforme de l’Université répond au souci principal de moderniser notre enseignement supérieur. Cette modernisation se justifie par le rôle plus actif qu’aura à jouer l’université dans le développement de notre société. C’est aussi une opportunité de renouveler l’ensemble de l’arsenal pédagogique dans son rapport avec l’étudiant.


Question 2 : Quels sont les objectifs de la Réforme Pédagogique ?

Réponse 2 :

Les objectifs de la réforme s’inscrivent dans le cadre d’une approche prospective et novatrice . On peut les résumer ainsi :

Question 3 : Sur quels principes s’est construit le nouveau système pédagogique de l’Université ?

Réponse 3:

Le nouveau système pédagogique est conçu selon une vision globale de la formation supérieure. Les cursus sont constitués de plusieurs semestres aboutissant à la Licence, au Master et au  Doctorat (système L.M.D).

Question 4 : Quels changements académiques la réforme pédagogique apporte -t-elle ?

Réponse 4:

La réforme pédagogique part de deux principes en matière de rénovation académique : moderniser l’enseignement et qualifier l’étudiant.

Question 5 : L’Université s’ouvre-t-elle sur le monde du travail ?

Réponse 5:

Oui, mais pas au détriment de sa vocation académique. L’université est consciente qu’elle doit jouer un rôle plus dynamique dans le développement de la société. Pour s’acquitter de cette mission, elle doit être plus à l’écoute des attentes de l’environnement économique et social. A ce titre, elle assure depuis quelques temps des formations professionnalisantes.

Question 6 : L’Université a-t-elle des partenaires dans le monde du travail ?

Réponse 6:

L’université considère que les opérateurs socio-économiques, en l’occurrence les entreprises, sont ses partenaires. Elle les associe à la prise de décision dans ses instances (conseils de facultés ou d’écoles, conseil d’université, commissions de choix des responsables des établissements universitaires…), les sollicite pour leur expertise et les invite à intervenir au niveau des enseignements et des stages.

Question 7 : Quelle place la réforme accorde-t-elle à l’étudiant ?

Réponse 7:

La réforme rénove entièrement le système pédagogique, réorganise totalement son architecture et s’ouvre sur son environnement socio-économique et culturel, en faveur de l’étudiant. On peut, à juste titre, considérer que l’étudiant est au cœur de la Réforme de l’Enseignement Supérieur.
La loi 01-00 qui organise l’enseignement supérieur le considère comme un citoyen à part entière et, ceci, sur trois plans majeurs qui montrent que l’université est plus que jamais à l’écoute de l’étudiant:

a- sa représentation dans les instances universitaires et sa participation aux prises de décisions.

b- la liberté de choisir son cursus selon ses aptitudes scientifiques.

c- l’animation culturelle du campus de l’université au sein duquel il pourra exercer sa liberté de penser et sa créativité dans un cadre démocratique et ouvert sur l’autre.

Question 8 : Peut-on estimer que l’étudiant aura à jouer un rôle dans le processus pédagogique ?

Réponse 8:

Incontestablement. Sur le plan pédagogique, l’étudiant doit assumer une position participative lors du processus d’apprentissage. Son dynamisme et son esprit d’initiative font désormais partie de sa formation et de son évaluation. Il doit apprendre à mieux organiser ses nouvelles connaissances. Il aura à gérer un système qui fera appel plus que jamais à son sens de l’organisation, en l’occurrence celui du contrôle continu des connaissances qui remplacera l’examen final.

Plus que cela, l’étudiant pourra intervenir dans la constitution de son cursus universitaire, ceci notamment par le choix des enseignements optionnels ou encore par le recours aux passerelles aménagées entre les filières pour se réorienter.

Question 9 : La réforme de l’université s’est-elle penchée sur nos valeurs culturelles et islamiques ?

Réponse 9 :

Certes oui. L’université est non seulement, le lieu par excellence du développement et de la sauvegarde de nos valeurs civilisationnelles ancestrales mais, en plus , elle se doit d’en assurer le rayonnement.

Question 10 : Utilisera-t-on la langue arabe dans l’enseignement ?

Réponse 10:

L’usage de la langue arabe dans l’enseignement supérieur est un objectif. Un certain nombre d’enseignements se font déjà en langue arabe (Lettres, Sciences humaines, Sciences juridiques). Toutes les universités respectables de par le monde utilisent leur langue nationale. C’est une question de philosophie et d’affirmation de l’identité. Cela n’interdit nullement le recours à des langues d’usage à l’échelle internationale. De ce point de vue, le Maroc est un pays d’expérience, très riche en multilinguisme et en ouverture sur les autres civilisations.

Question 11 : La réforme met – elle plutôt l’accent sur la technologie que sur la science ?

Réponse 11 :

De par le monde, les universités modernes sont le creuset autant de la recherche fondamentale que de la recherche appliquée. Le développement de la technologie se nourrit et nourrit ces deux composantes de la connaissance moderne. L’université marocaine évolue dans ce sens.

Question 12 : L’université prévoit-elle une formation générale et/ou une formation professionalisante ?

Réponse 12:

La réforme a prévu deux types de formations : l’une générale et l’autre professionnalisante. L’étudiant aura non seulement la liberté de choisir entre ces deux formations, mais aussi la possibilité de se réorienter de l’une vers l’autre.

Question 13 : La formation professionnalisante est-elle plus courte ?

Réponse 13:

Non ! Les cursus des deux formations sont construits de la même manière, niveau après niveau. Le niveau I correspond à la licence, obtenue après 6 semestres (3 ans en moyenne) d’étude dans le cas des deux formations. Le niveau II est le Master, après dix semestres (5 ans en moyenne) d’étude. Le niveau III est sanctionné, au bout de 8 ans au minimum, par un Doctorat National. Ce système est connu à l’échelle internationale sous l’appellation LMD : Licence, Master, Doctorat.

Question 14 : La réforme a-t-elle rénové la formation académique classique ?

Réponse 14 :

Tout à fait ! La formation générale connaît une rénovation totale, tant sur le plan pédagogique que sur le plan de l’architecture globale des cursus d’enseignement. Ainsi, de nouvelles notions ont été introduites comme le semestre, la filière, le module …etc.

Question 15 : Qu’est-ce qu’un semestre ?

Réponse 15:

Question 16 : Qu’est-ce qu’une filière ?

Réponse 16:

Une filière est un cursus de formation . Elle est structurée sous la forme d’un ensemble cohérent de modules pris dans un ou plusieurs champs disciplinaires.

Une filière conduit à :

Question 17 : Quelle est la composition d’une filière ?

Réponse 17:

Une filière de Licence comporte six semestres : 4 semestres pour l’obtention du DEUG ou du DEUP suivis d’un semestre d’études fondamentales et d’un semestre de spécialisation. Les quatre semestres du DEUG ou du DEUP consistent en un semestre d’initiation, un semestre de détermination et deux semestres d’approfondissement pour les filières à caractère général, ou de professionnalisation pour les filières à caractère professionnalisant.

Une filière de Master comporte quatre semestres après la Licence : deux semestres d’études fondamentales et deux semestres d’approfondissement.

Question 18 : Où peut être domiciliée une filière ?

Réponse 18:

Une filière est rattachée administrativement à un établissement universitaire et elle est conforme à la vocation et aux missions de cet établissement.

Question 19 : Comment sont constitués les contenus pédagogiques d’une filière ?

Réponse 19 :

Une filière prévoit, dans le contenu de ses modules, 3 composantes pédagogiques :

  1. Une composante majeure de modules obligatoires liés à un champ disciplinaire donné (70% au moins du total des modules),
  2. Une composante de renforcement des capacités linguistiques, de communication et d’initiation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication(NTIC),
  3. Une composante d’enseignements optionnels de modules de spécialisation.

Question 20 : Qu’est-ce qu’une passerelle ?

Réponse 20 :

Toute filière prévoit un système de passerelles avec d’autres filières afin de permettre à un étudiant, tout en conservant ses acquis, de se réorienter au sein d’un même établissement ou d’un établissement à un autre.

Question 21 : Qui est le coordonnateur pédagogique d’une filière ?

Réponse 21:

Le coordonnateur pédagogique d’une filière est un professeur de l’enseignement supérieur ou, à défaut, un professeur habilité ou, à défaut, un professeur de l’enseignement supérieur assistant, qui appartient à l’établissement d’attache de la filière et qui est désigné par le chef d’établissement, sur proposition des responsables des modules de la filière.

Question 22 : Qu’est-ce qu’un module ?

Réponse 22:

Le module est l’unité fondamentale du système de formation. Il comprend un à quatre éléments qui peuvent être enseignés dans une ou plusieurs langues.

Les enseignements d’un module peuvent être dispensés sous forme de cours théoriques, et/ou de travaux dirigés, et/ou de travaux pratiques et/ou d’activités pratiques sur le terrain.

Question 23 : Quelle est le volume horaire d’un module d’enseignement ?

Réponse 23:

Un module d’enseignement s’étale sur un semestre et correspond à un volume horaire minimum de 75 heures d’enseignement et d’évaluation.

Question 24 : Qu’est-ce qu’une activité pratique ?

Réponse 24 :

Une activité pratique consiste en des travaux sur le terrain, en projet ou en stage. La durée d’une activité pratique correspondant à un module est comprise entre 20 et 25 jours ouvrables.

Question 25 : Où peut être domicilié un module?

Réponse 25:

Un module relève d’un département. Cependant d’autres départements peuvent y contribuer.

Question 26 : Qui est le responsable d’un module ?

Réponse 26:

Le responsable d’un module est un professeur de l’enseignement supérieur ou, à défaut, un professeur habilité ou, à défaut, un professeur de l’enseignement supérieur assistant qui appartient au département d’attache du module. Il est désigné par ses collègues de l’équipe pédagogique qui assure l’encadrement du module.

Question 27 : Qu’est-ce que les pré-requis ?

Réponse 27:

Les pré-requis constituent les conditions de niveau ou de validation de modules préliminaires permettant l’accès à différents paliers d’une filière.

Ils sont élaborés par l’équipe chargée de l’encadrement pédagogique de chaque filière.

Ils contribuent à aider l’étudiant à mieux réussir la filière de formation choisie.

Les pré-requis peuvent être de deux types : isolés ou groupés.

A titre indicatif, ils peuvent se résumer :

Question 28 : Quelles sont les conditions d’accès aux études universitaires ?

Réponse 28:

L’accès aux études universitaires est ouvert aux titulaires de la série du baccalauréat satisfaisant aux critères d’admission définis par l’université pour chacun de ses établissements.

Question 29 : Quelles sont les conditions d’accès à une filière ?

Réponse 29 :

Pour l’accès à une filière, des conditions pédagogiques spécifiques sont élaborées par l’équipe chargée de l’encadrement pédagogique et adoptées conformément aux dispositions de la loi 01-00. Ces conditions sont spécifiées dans le descriptif de la filière.

Question 30 : Quelles sont les conditions d’inscription à un semestre ?

Réponse 30 :

L’inscription à un semestre nécessite la satisfaction des pré-requis éventuels des modules le composant. Ces pré-requis sont spécifiés dans les descriptifs correspondants.

Un module validé par compensation satisfait les pré-requis pour l’inscription dans un autre module.

Question 31 : Qu’est ce que la validation ?

Réponse 31 :

L’évaluation des connaissances, mais aussi des aptitudes et des compétences, constitue la clef de voûte du nouveau système pédagogique. La gestion des acquisitions et des apprentissages sera désormais soumise à un contrôle continu des connaissances. Plus rationnel sur le plan pédagogique, ce mode de contrôle privilégie la relation interactive lors du cours. Il fait appel à plusieurs modalités d’examen actives comme les tests, les devoirs, les exposés, les rapports…En outre un examen  pondéré peut-être organisé.

Question 32 : Comment valide-t-on un module ?

Réponse 32 :

Un module est validé si sa note globale est supérieure ou égale à 10 sur 20 et si aucune note de ses éléments n’est inférieure à une note limite précisée dans le descriptif du module.

Question 33 : Comment valide-t-on un semestre ?

Réponse 33 :

Un semestre est validé si la moyenne obtenue dans les modules du semestre est au moins égale à 10 sur 20 et si aucune note de l’un de ces modules n’est inférieure à 5 sur 20.

Question 34 : Comment valide-t-on une filière ?

Réponse 34 :

Une filière est validée si le nombre requis de ses modules est validé un à un, ou si tous les semestres sont validés. Une filière validée donne droit au diplôme correspondant.

Question 35 : Qu’est ce qu’un rattrapage ?

Réponse 35 :

Les étudiants n’ayant pas validé un module et ayant obtenu une note à ce module supérieure ou égale à 5 sur 20 sont autorisés à passer un contrôle de rattrapage selon les modalités arrêtées par chaque université. Ils peuvent conserver pour ce rattrapage, les notes obtenues dans les éléments du module qui sont supérieures ou égales à 10 sur 20.

Question 36 : Qu’est ce que la capitalisation ?

Réponse 36 :

La capitalisation est un principe pédagogique novateur qui consiste à reconnaître à vie à l’étudiant la possession d’un module qu’il a validé. Ce cumul à vie permet, d’un côté, une gestion plus rationnelle des étapes de la progression universitaire par l’étudiant, et, d’un autre côté, l’établissement de liens fonctionnels entre l’université et la carrière professionnelle en ménageant sans cesse un cadre pour le retour à l’université.

Question 37 : Quels sont les diplômes nationaux décernés par l’université ?

Réponse 37 :

A titre transitoire le diplôme d’Etudes Universitaires Générales (DEUG) et le diplôme d’Etudes Universitaires Professionnelles (DEUP) continuent à être délivrés après la validation des 4 premiers semestres de la filière concernée. Les nouveaux diplômes nationaux sont :

Cycle de la Licence :

Cycle du Master :

Cycle du Doctorat :

Question 38 : Quel intérêt offrent les différents diplômes que propose l’université ?

Réponse 38 :

Les diplômes nationaux : Licence, Master et Doctorat permettent soit l’accès au cycle supérieur pour les deux premiers, soit l’insertion dans une activité professionnelle. Ces diplômes adhèrent à ce qu’il est convenu d’appeler le système international LMD, ce qui permet à l’étudiant une plus grande mobilité sur le plan national et international.

Question 39 : Quel intérêt offrent les diplômes intermédiaires DEUG, DEUP et Maîtrise ?

Réponse 39 :

Ce sont des diplômes d’Etat qui continueront à être délivrés  durant une période transitoire. Ils sont destinés à faciliter l’insertion de l’étudiant dans le monde du travail lorsque des opportunités s’offrent à lui. Cette interruption n’est pas définitive, puisque la nouvelle réforme permet à l’étudiant de revenir étudier à l’université, enrichi d’une expérience professionnelle.

Question 40 : Qu’est ce que l’accréditation ?

Réponse 40 :

L’élaboration d’une filière obéit dans la réforme pédagogique à des règles académiques et à des impératifs d’insertion dans le tissu économique. Un ensemble de modules dans un champ disciplinaire (majeurs) et à option (spécialisé ou d’ouverture) est structuré selon des objectifs précis en matière de formation. L’encadrement pédagogique et les moyens logistiques pour réaliser une formation universitaire constituent le premier critère d’accréditation d’une filière. Le processus d’accréditation passe par les étapes nécessaires suivantes : la filière est d’abord soumise  pour approbation au Conseil de l’Etablissement d’attache (faculté ou école), puis au Conseil de l’Université avant d’être accréditée par la Commission Nationale de Coordination de l’Enseignement Supérieur ( la CNACES).