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Le Guide Touristique de Rabat

 

Capitale d'un Etat Moderne, Rabat est le symbole de la pérennité du Maroc. Enlacée dans ses kilomètres d'enceintes couleur d'ambre, enrubannée de tous ses micocouliers, elle confond dans une même élégance son cœur historique et sa cité actuelle. La capitale du Royaume, surplombant l'Océan Atlantique, plonge ses racines dans l'Histoire millénaire de la cité tant de fois objet de convoitises de la part des conquérants en quête de replis stratégiques Yacoub El Mansour, l'Almohades y planta ses tentes au XII ème siècle, avant que les Mérinides, à leur tour, y apposent leur marque en dressant sur l'antique cité romaine de Sala, la nécropole de Chellah. Au coeur de la ville, se dresse la Tour Hassan, dernier vestige d'une mosquée inachevée. Derrière les colonnes de marbre, le Mausolée Mohammed V impose le respect et le recueillement.

Construite en bordure de l'estuaire du BouRegreg, Rabat offre nombre de promenades fleuries aux abords de l'Océan Atlantique. Les nombreux édifices qu'elle renferme sont autant de témoignages qui en disent long sur son authenticité et Rabat arbore fièrement ses atours dans le gotha des cités impériales. Dans le dédale de ses ruelles, à la Kasbah des Oudayas, l'art islamique côtoie les grandes réalisations modernes. Il en résulte une mosaïque chatoyante qui égaie le regard des nombreux passants et satisfait leurs moindres exigences. En face, de l'autre côté de l'Oued, la superbe médina blanche de Salé (Sala AI Jadida) renferme des trésors d'artisanat. Les jardins de Rabat-Salé, plantés d'espèces du monde entier, laissent admirer un dédale de sentiers coupés de ponts suspendus et de passerelles dans un décor exotique. Reliée à Rabat par un pont, Salé a conservé le caractère des petites villes d'Islam avec ses souks ombragés, ses places ensoleillées et ses rues tranquilles, mais ses nouveaux quartiers constituent une métropole économique de tout premier plan.

Rabat, dont les différents quartiers opposent les styles européen et traditionnel, possède un intéressant patrimoine architectural, à commencer par les portes de l’enceinte de la casbah des Oudayas et le minaret de la mosquée Hassan (XIIe siècle), qui s’élève à 55 m, un des rares vestiges de cet édifice inachevé. La ville, qui abrite plusieurs musées (archéologie, artisanat), est le siège de l’université Mohammed V (1957) et de plusieurs instituts culturels et d’enseignement. Fondée au 12ème siècle, Rabat fut à l’origine un poste militaire (ribat en arabe) d’où partaient des expéditions armées vers l’Andalousie. L’essor de la ville remonte à 1912, lorsque Lyautey la choisit comme capitale du protectorat français au Maroc. Le pays acquit son indépendance en 1956, et Rabat resta sa capitale.

Laissez votre imagination vagabonder devant l’immense esplanade où s’élève la tour Hassan. Elle mesure 44 m, mais songez qu’elle devait culminer à 80 m. Elle est à l’image du rêve de Yacoub el-Mansour, grandiose mais inachevé. Deux cents colonnes délimitent ce qui aurait dû être la plus grande mosquée du monde musulman à l’image de l’empire almohade qui, au 12ème siècle, s’étendait jusqu’à la Tunisie et l’Espagne mauresque. Tout près de la tour Hassan, mais à des siècles d’écart, voici le mausolée Mohamed V dont la construction débuta en 1962. Ce souverain mena le Maroc à l’indépendance et le Maroc lui éleva un monument digne de sa reconnaissance. Pas moins de 400 artisans accomplirent cette œuvre somptueuse (la visite du mausolée Mohamed V est ouverte à tous).

Visite guidée :

La Tour Hassan : La mosquée fût construite à la fin du 12ème siècle par le sultan Yaqoub el Mansour (1184-1199). Il voulu construire la plus grande mosquée, mais ce projet fût interrompu par sa mort en 1199 et la mosquée reste inachevée et sera ravagée par le tremblement de terre de 1755. Les vestiges de la mosquée: son minaret, quelques colonnes et pans de murs ont grande allure et laissent deviner l'ampleur du monument initial. Le minaret, quadrangulaire, élevé au milieu des débris des quatre cents colonnes, se dresse à plus de 44m en hauteur. Les murs d'un demi-mètre d'épaisseur, en formant une rampe en pente douce montant en vrille autour de six pièces centrales superposées. Son décor est sobre et varié: entrelacs larges et simples.

Tout près de la tour Hassan, mais à des siècles d'écart, voici le mausolée Mohamed V dont la construction débuta en 1962. Ce souverain mena le Maroc à l'indépendance et le Maroc lui éleva un monument digne de sa reconnaissance. Pas moins de 400 artisans des plus habiles du royaume accomplirent cette œuvre somptueuse. A l'extérieur, un magnifique pavillon de marbre blanc couronné de tuiles vertes complète la symbiose architecturale. A l'intérieur, une salle merveilleusement ouvragée avec, au centre, la pierre tombale en onyx blanc repose sur un bloc de granit aussi poli qu'un miroir.

De l'avenue Hassan II à la kasbah des Oudayas - L'avenue Hassan II longe le "mur des Andalous", élevé au 17ème siècle, qui sépare la médina de la ville nouvelle.

Rue Souika - Artère principale de la médina, bordée de cafés maures et de boutiques d'alimentation, elle est toujours très animée. Elle mène à la Grande Mosquée dont on aperçoit le minaret au fond de la rue : ce sanctuaire a été reconstruit à la fin du 19ème siècle. Une partie de la rue est couverte de roseaux : c'est le souk es Sebat où dominent marchands de babouches et maroquiniers.

La rue des Consuls et ses abords - Cette rue, ainsi dénommée parce que les diplomates y résidèrent jusqu'en 1912, constitue le centre du commerce local. Là sont offerts à la curiosité et à la convoitise des passants les tapis de Rabat, les tentures de Salé. les cuivres martelés et ajourés, les cuirs repoussés, les broderies de soie. Les boutiques de la rue des Consuls masquent un quartier bien différent. Pour s'en faire une idée il suffit de passer dans une ruelle qui s'amorce sous une maison : à deux pas de l'agitation et du bruit on apprécie le calme et le silence d'une vieille cité bourgeoise. Le visiteur pourra faire quelques pas dans d'étroites venelles encadrées de hauts murs d'une éblouissante blancheur par le bleu outremer de quelque volet. Il appréciera les portes de pierre taillée ou sculptée de maintes demeures, souvent le seul ornement de la façade : leurs arcs en plein cintre ou surbaissés retombent sur des pilastres, la plupart du temps montés d'un faux linteau reposant sur des colonnettes. Un placage de stuc y ajoute une note mauresque, mais l'esprit de la Renaissance apparaît dans ces portes, œuvres de musulmans venus d'Espagne au 17ème siècle. Revenir à la rue des Consuls. Celle-ci aboutit à une vaste place où récemment encore se tenait le souk el Ghezel, le marché de la laine mais aux beaux temps de la "course" on y vendait aussi des esclaves.


Kasbah des Oudayas - Cette citadelle est ainsi appelée parce qu'un contingent de la tribu des Oudayas y fut installé par les sultans alaouites pour y tenir garnison et surveiller la ville. Mais sa création remonte au 10ème siècle.

Porte des Oudayas - Bâtie à la fin du 12ème siècle par Yacoub el-Mansour sur le plus haut lieu de Rabat, c'est un bel exemple de l'habileté des architectes almohades à faire d'un ouvrage défensif une authentique œuvre d'art. Massive mais de proportions harmonieuses, entièrement taillée dans une belle pierre rousse, c'est une véritable forteresse comportant une enfilade de 3 salles pouvant loger une petite garnison. L'entrée est protégée par deux robustes saillants dont la seule décoration est faite de l'alternance d'assises épaisses et minces de la pierre. Entre eux s'ouvre deux arcs concentriques en fer à cheval outrepassés et brisés; le plus grand s'orne de lobes pointus entourés d'entrelacs façonnés en relief profond. Aux écoinçons s'épanouissent deux grandes palmettes. Une inscription en caractères coufiques court le long du bandeau et retombe de part et d'autre des arcs. Une large frise d’arcatures aveugles couronne le tout, prolongée par deux consoles en saillie que supportent des colonnettes. La porte est en chicane pour rendre plus difficiles les assauts. À l'intérieur, des expositions temporaires sont organisées dans la galerie Bab el Kebir. L'absence de saillants, inutiles du côté intérieur, donne plus d'espace et de liberté au décor sculpté.

Plate-forme du sémaphore - Continuant droit devant soi, on emprunte la rue Jamaa qui traverse la kasbah. On longera la plus vieille mosquée de Rabat; fondée vers 1150 par les Almohades, elle a été reconstruite au 18ème siècle. Franchissant une porte on atteint la plate-forme du sémaphore; belle vue sur l'embouchure du BouRegreg et sur le grand cimetière musulman qui s'étale sur le versant de la colline entre la médina et la mer. Sur la place, on aperçoit un atelier de confection tapis.


Musée des Oudayas - On pénètre d'abord dans un édifice, à cour centrale, dominé par une tour massive de quatre étages. Construit à la fin du 17ème siècle sous le règne de Moulay Ismaïl, ce palais fut sans doute un pied-à-terre pour le sultan ou la résidence du caïd de la kasbah, avant d'être converti en médersa. Le vaste patio s'orne d'une vasque de marbre blanc il est cerné de sobres colonnes, jumelées à angles, qui supportent les arcs outrepassés de la galerie. Dans l'ancien oratoire à droite de l'entrée on admire une collection de tapis de différentes régions du Maroc ainsi que du mobilier. De part et d'autre de la cour, dans des loggias surélevées, est exposée une belle collection de céramiques de Fès céramique bleue et céramique polychrome. Dans un réduit d'angle, broderies de Fès, Salé, Meknès. Dans une grande salle, on a reconstitué l'intérieur d'une riche demeure divans couverts de brocarts (Fès. 19ème siècle.), lits de parade aux lourdes draperies brodées, tapis anciens de Rabat. Une grande baie vitrée garnie de très beaux fers forgés offre une agréable perspective du jardin des Oudayas. Dans le salon face à la grande salle, bijoux anciens de collection, en or et on argent. Dans un bâtiment adossé au rempart Moulay Rachid, une salle abrite des instruments de musique traditionnelle citadine et rurale. Un autre bâtiment tout proche réunit dans une grande salle une intéressante collection consacrée à la vie berbère. On y verra des armes, de somptueux harnachements, des bijoux du Sud, ainsi que des mannequins costumés représentant toutes les régions marocaines.

Le jardin des Oudayas est un des exemples de riad ou jardin clos qu'on rencontre souvent au Maroc. Toujours clos de hauts murs (ici, aux Oudayas, une muraille crénelée, flanquée de tourelles, qui entoure le jardin et le sépare du monde extérieur), le riad, dont la composition s'inscrit dans un rectangle plus ou moins régulier est souvent doté, lorsqu'il ne fait pas partie intégrante d'une demeure, de bâtiments qui se font face à deux de ses extrémités. Ces salles largement ouvertes avec galeries sont reliées par plusieurs allées rectilignes dallées, plus ou moins larges, se coupant à angle droit, des vasques ou des jets d'eau marquant leurs points de rencontre. Il constitue cependant le plus souvent le cœur de riches demeures ou de palais autour duquel ces derniers s'articulent, se dotant de loggias, de balustrades en fer forgé ou de fines galeries de bois, et d'un kiosque au dôme souvent peint d'arabesques. Il offre au regard une profusion de fleurs et d'arbustes - bananiers, citronniers, daturas, lauriers-roses, orangers-distribués sans plan apparent dans des carrés qu'arrosent des séguias, et mêlant parfois leurs branches aux masses sombres de cyprès qui encadrent une fontaine centrale. Mais le charme particulier de ce type de jardin c'est qu'il participe à l'ordonnance architecturale de l'édifice pour lequel il a été conçu et procure au visiteur une forte impression de paix et de fraîcheur.
De la kasbah des Oudayas à l'avenue Hassan II - Le boulevard Al-Alou longe le cimetière musulman de la kasbah. Aussitôt après une petite mosquée formant l'angle, on trouve la rue Sidi Fatah. Parmi les nombreux sanctuaires qui bordent celle-ci, la mosquée Moulay el Mekki présente un élégant minaret octogonal orné d'arcs à stalactites au-dessus des fenêtres et une jolie porte surmontée d'un auvent de bois peint. La rue Sidi-Fatah longe, à l'angle de la rue Souika, la mosquée Moulay Sliman (1812) et ramène, par Bab al Bouiba, à l'avenue Hassan II.

Bab er-Rouah Enchâssée dans la muraille almohade, cette porte est contemporaine de celle des Oudayas. C'est un ouvrage défensif en chicane. Deux énormes saillants donnent quelque rudesse à la façade de pierre dont la sculpture offre pourtant une aimable composition : deux grands arcs festonnés dessinent les lignes maîtresses; dans chaque écoinçon une grande palmette s'épanouit dans une végétation d'entrelacs; une citation ancienne se déroule sur le bandeau, tandis que deux colonnettes d'angle ajoutent une note de fantaisie au monument. L'intérieur comporte plusieurs salles dont deux à ciel ouvert la première est couverte d'une remarquable coupole sur trompes, à cannelures rayonnantes. La galerie Bab Rouah installée dans ces salles présente régulièrement des expositions d'artistes marocains contemporains. C'est ici que se tint en 1960 la première exposition collective de peintres marocains, annonçant le foisonnement de la création picturale de ces dernières années.

Palais du Roi - Sur la droite s'ouvre l'entrée principale du palais, grande porte monumentale de pierre jaune au toit de tuiles vernissées. L'actuel Dar el Makhzen, édifié en 1864, sur l'emplacement d'un palais de la fin du 18ème siècle, a été considérablement agrandie jusqu'à ces dernières années. Dans l'enceinte du palais se répartissent des cours et patios andalous autour desquels se trouvent le Cabinet royal, le ministère de la Maison Royale et du Protocole et les services du Premier ministre. A gauche s'élève la mosquée Ahl Fas où le roi se rend parfois en grand cortège pour la prière du vendredi.

Chellah - Aux portes de la ville, Chellah sommeille dans un isolement quasi rural. "Le site le plus romantique du Maroc" a-t-on dit de fait, une forte impression de mystère et de solitude plane sur ses murailles, ses ruines et ses tombes. Ancienne ville romaine longtemps désertée, Chellah connut un nouveau destin lorsque, au 13ème siècle, les souverains mérinides choisirent ce lieu pour leur dernier repos. La muraille rougeâtre de pisé, partiellement renforcée de pierre et de brique, comporte des tours aménagées en chambres de tir. Elle fut achevée en 1339 par le sultan Abou el Hassan afin de protéger les tombeaux de ses ancêtres et les fondations pieuses de Chellah.

La porte - Une belle porte en pierre de taille, élégante réussite de l'art mérinide, donne accès à la cité des morts. Sa façade, richement sculptée, est flanquée de deux tours hexagonales; le passage au plan carré des bastions qui les couronnent se fait harmonieusement par des encorbellements garnis de stalactites. Un sentier coupé d'escaliers descend vers un vallon silencieux où croissent en liberté roseaux et figuiers de barbarie, micocouliers, oliviers et bananiers; un charme émouvant se dégage de la cité morte où une végétation vigoureuse envahit les ruines peuplées de cigognes, où des cultes divers se sont succédé à travers les âges, où traînent maintes légendes d'un passé fabuleux. Ne raconte-t-on pas que Chellah fut jadis une cité merveilleuse où l'or et l'argent se trouvaient en telle abondance qu'on allait jusqu'à en faire les chaînes pour tenir en laisse les ânes et les chiens? Et qu'aujourd'hui des génies gardent encore des trésors enfouis dans la terre?

La nécropole - Au pied de la dernière koubba s'étend un bassin de pierre qui servit de fontaine aux ablutions pour les sanctuaires mérinides. La source miraculeuse qui l'alimente fait l'objet d'un culte dont l'origine remonte sans doute à des temps immémoriaux. Elle contient des anguilles sacrées et des tortues; on dit aussi qu'au fond de la source vit un poisson fabuleux paré d'anneaux d'or. On trouve une petite mosquée en ruine à trois travées (à gauche une porte montre encore partiellement un revêtement de céramique vernissée). Au fond à droite, un passage, près d'un minaret tronqué, donne accès à la chambre funéraire d'Abou el Hassan. Au pied d'un mur de pierre rose finement ciselée, on peut voir la tombe du sultan, mort en 1351, et dernier souverain mérinide enterré ici. Tout près, un autre tombeau: celui de son épouse. une chrétienne convertie à l'islam, dont l'épitaphe nous apprend qu'elle répondait au nom charmant de "Soleil du Matin" (Chems ed Douha). Connue aussi sous le nom de Lalla Chellah, la "Dame de Chellah" fait l'objet d'un véritable culte, et règne sur tout l'enclos. Une cour pavée de mosaïque autour d'un bassin rectangulaire est encadrée de galeries sur lesquelles s'ouvrent de petites cellules. L'édifice, assez ruiné, est une zaouïa; dans cette maison de prières, des lecteurs du Coran assuraient aux hôtes défunts de la nécropole le bénéfice des oraisons. La disposition des lieux est assez analogue à celle d'une médersa. A droite on peut voir les restes de l'oratoire avec son mihrab cerné d'un couloir semi-circulaire; il suffisait jadis d'en faire sept fois le tour pour mériter le titre de hadj, normalement réservé aux pèlerins de La Mecque. À gauche s'élève le charmant minaret construit par Abou el Hassan où la pierre, le marbre et la faïence s'allient à la patine des ans pour le plus joli effet; un nid de cigognes couronne le lanternon décoré de zelliges.



Autres informations :

http://maroc.guideof.com/Villes/Rabat/

 

 
 
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Téléphone : 05 37 27 27 50 | Fax : 05 37 67 14 01

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