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Carrefour des chemins de commerce
les plus importants depuis sa création, riche
d’un passé fabuleux à la croisée
des générations successives, Rabat a toujours
intimement lié son rayonnement économique
et culturel à son artisanat.
Les coopératives
Les corporations nées à l'époque
médiévale ont disparu petit à petit,
pour diverses raisons sociopolitiques. Sous le Protectorat,
des centres d'études de l'artisanat et des coopératives
sont nés. Depuis l'indépendance, l'État
s'est penché sur ce problème touchant
à la culture populaire et à l'emploi ;
le Ministère de l'Artisanat et des Affaires Sociales
a été créé pour encourager
et développer la production artisanale et assurer
la préservation de vieux métiers.
L'artisanat exige des compétences techniques
et artistiques transmises au fil des générations
(traditionnellement de père en fils), des outils
et du marché. Les anciennes corporations avaient
le souci de la formation et des débouchés
commerciaux. Mais l'apparition des produits industrialisés
aux prix souvent très bas, ont menacé
ces produits faits à la main... La création
des coopératives sur l'ensemble du territoire
a permis de rassembler près de 10000 adhérents
dans près de 200 centres de formation et de production.
Dans certains, les commandes sont reçues, étudiées,
centralisées, exécutées, exportées,
selon des prix établis et avec des labels de
garantie. Les artisans peuvent y consulter des archives,
poser des questions, recevoir des conseils. Les apprentis
sont formés selon les méthodes traditionnelles.
La rue des Consuls
L'un des lieux privilégiés est la rue
des Consuls, ainsi appelée parce que jusqu'en
1912, elle était le lieu de résidence
des représentants des puissances étrangères.
Si étroite qu'une seule voiture peut à
peine y passer, cette rue est bordée de toutes
sortes de boutiques, d'ateliers et d'échoppes.
Les venelles perpendiculaires, passages très
étroits qui s'ouvrent souvent sur des places
spécialisées dans le cuir, la ferronnerie,
etc., véritables marchés dans le marché.
Dans ces îlots cachés, les artisans travaillent
selon les méthodes traditionnelles et connaissent
parfaitement leur technique. On oublie le bruit, les
voitures pour retrouver un monde à taille humaine
où le commerce n'est pas fait par des fax ou
les mails, mais de regards, de paroles, de mains serrées
et de complicités.
Les Tapis de Rabat

Rabat a toujours été la capitale du tapis
au Maroc. Le tapis de Rabat s'est fait une réputation
égale à celle des tapis d'Orient, et la
bourgeoisie marocaine, même lorsqu'elle se détourne
des autres objets artisanaux, reste attachée
à son tapis.
Il y a environ six mille métiers à tisser
en activité dans la région, dans les coopératives
artisanales, ou chez les particuliers. Le tapis de Rabat
est fait par les femmes, au point noué, sur des
métiers de haute lisse.
Pour un grand tapis, deux ou trois ouvrières
peuvent travailler un même métier. Elles
ont devant elles un modèle sur papier quadrillé.
Parfois, elles connaissent les motifs par cœur.
Les laines viennent du Maroc et d’ailleurs. On
travaille avec des brins de deux ou trois fils retordus
selon l'épaisseur souhaitée.
Le tissage

Ce sont les hommes qui pratiquent le tissage, sur des
métiers de basse lisse. On peut les rencontrer
dans l'un des petits ateliers de la rue des Consuls
et les voir au travail Ils tissent des étoffes
pour burnous et autres habits, rideaux, couvre-lits,
tissus d'ameublement, coussins carrés et couvertures.
Ils utilisent la laine de mouton naturelle (blanche,
brune, grise, noire) ou teinte, le poil de chèvre,
le poil de chameau. On trouve à Rabat des couvertures
en poil de chameau beige (ou en laine blanche torsadée
épaisse) avec une chaîne et une trame de
même fil et de même épaisseur, ce
qui donne au point toilé une texture très
régulière en tamis.
Les médinas de Rabat et de Salé offrent
toutes sortes d'habits pour adultes et pour enfants
coupés dans ces tissages : burnous non traditionnels
avec bandes de couleur d'un seul côté,
jupes de femmes, burnous d'enfants, vestes en grosse
laine brute, caftans, etc. On y vend également
des cotonnades blanches qui peuvent servir de couvre-lits
ou à la confection de djellabas, caftans d'été,
etc. Toute une gamme de caftans en tissus légers,
suivant des modèles anciens, simplifiés,
est proposée à la clientèle touristique.
Les Marocains les trouvent seyants et moins chers que
les lourds caftans à l'ancienne et ils commencent
à les porter.
Certains tissus sont imprimés à la main
par les rares artistes-peintres qui se sont spécialisés
dans la peinture sur étoffe. Ils les exposent
dans leurs ateliers. Il faudrait mentionner, pour terminer,
le tricot à la main, vendu dans quelques boutiques,
aux portes desquelles on accroche toutes sortes de jaquettes,
vestes et manteaux de laine tricotée.
La broderie

La broderie est réservée aux femmes qui
travaillent sur les tissus traditionnels de coton, de
lin, de soie ou d'étamine de laine, mais aussi
sur de la popeline et même sur du nylon. Elles
travaillent par petits groupes de femmes et filles d'artisans
ou de petits commerçants souvent apparentés.
Elles immobilisent la partie qu'elles sont en train
de broder dans des cadres en bois vissés. Les
brodeuses exécutent au point de croix toutes
sortes de nappes, napperons, services de table, oreillers,
couvre-lits, draps, chemises, robes de mariées,
caftans... avec des motifs géométriques
d'inspiration berbère, ou copiés de modèles
étrangers, proches du travail traditionnel.
Le cuir

Dans les sociétés traditionnelles, l'artisanat
est une façon de tirer parti au mieux et avec
le plus d'imagination possible, des produits naturels,
animaux ou végétaux, disponibles. On se
servait du cuir pour les vêtements, les chaussures,
les poufs et les coussins, les sacs et pour transporter
certaines marchandises, mais aussi dans la décoration
des murs, des portes, etc. Objets divers très
nombreux et variés, ils sont appréciés
pour la souplesse de leur cuir, la perfection de leurs
formes et de leurs dorures. Les sous-mains, buvards,
porte-documents, classeurs, boites à messages,
boites à crayon... sont à Rabat fabriqués
en cuir de chèvre. Pour les boites et autres
objets recouverts, le cuir refendu est collé
sur un support. Certains objets, comme les portefeuilles,
sont parfois simplement décorés de lignes
tracées sur le cuir à l'aide d'une règle
et d'un traçoir en os ou en bois, sans encre,
par simple pression. Cette façon de souligner
les bords d'un objet en cuir, lui confère une
élégance discrète. Pour dorer le
cuir, les artisans disposent de minces feuilles d'or
de 22 carats, de minces bandes de gélatine ou
encore de lamelles de mica sur lesquelles se trouve
une très mince couche d'or de 22 carats. Les
artisans des coopératives « inventent »
de nouveaux objets recouverts de cuir : étagères,
livres-boites, et même des poteries ou des assiettes
sont ainsi habillés de cuir. Toutes ces réalisations
s'éloignent de l'artisanat marocain traditionnel,
de son goût sûr et éprouvé.
Les bijoux

Sans doute à cause du prix actuel de l'or, on
ne trouve plus à Rabat ces magasins rutilants
que l'on découvre encore dans les grandes villes
de l'Orient. Parmi ces bijoux (en or de 18 carats),
on trouve souvent de petits « Corans »,
boites ajourées dans lesquelles les femmes musulmanes
mettent souvent des versets du Coran, les mains de Fatima
de toutes dimensions, des bagues, quelques colliers...
et, très typiques du Maroc, les fameuses ceintures
de mariées dont les boucles font l'objet de recherches
que le métal noble rend toujours très
belles. Les plus lourdes sont en or incrustées
de pierres précieuses.
La vannerie

La vannerie, artisanat moins «noble» que
le tissage ou la poterie, est une des occupations les
plus répandues dans l'ensemble du Maroc et plus
particulièrement dans la région de Rabat.
C'est un monde particulièrement attachant : les
matériaux sont utilisés à l'état
naturel, les outils sont rudimentaires, et pourtant
les vanniers doivent faire preuve d'ingéniosité
et de créativité.
La poterie

La poterie est une des premières activités
artisanales de l'humanité. La dualité
entre l'héritage berbère, d'une part,
et l'influence hispano-mauresque, d'autre part, se retrouve
dans les techniques employées tout comme dans
les motifs et les décors qui ornent les pièces
d'argile.
Au Maroc, cette tradition séculaire s'est élevée
au rang d'un art rarement égalé. On distingue
trois catégories majeures : la poterie citadine,
aux modèles fastueux, pour la plupart fabriqués
à Fès, Safi et Salé et les deux
poteries rurales du nord et du sud, toutes deux utilitaires,
la première étant largement pratiquée
par les femmes et la seconde par les hommes.
Les trois principaux pôles de production de poterie
et de céramique au Maroc sont représentés
par Fès, Safi et Salé.
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